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Patrick Bruel offrait sa première représentation de plein air, ce jeudi 4 juillet au stade Tropénas de Montélimar. Plus de 6000 places étaient déjà pré-vendues à un public qui couvre plusieurs générations. Il fait sans aucun doute partie de ces artistes qui emmènent leur public au-delà du temps, ambassadeur d’idées fortes et de paroles qui touchent et qu’on ne peut oublier.
Cet après-midi là, Patrick m’autorise à photographier les préparatifs des balances. Je découvre l’oeil de l’artiste, vigilant au moindre détail chorégraphique ou musical. Au détour de l’arrière-scène, il fera signaliser un câble métallique dangereux qu’il faudra sécuriser. Il est un vrai patron : attentionné, tendre et exigeant à la fois, professionnel jusqu’au bout des ongles…
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La raison qui justifie ma présence à cet évènement est ma rencontre pour un reportage avec Loïc Pontieux (artiste Paiste), un des batteurs les plus sollicités de la scène française.
Loïc joue sur des cymbales Paiste, et ma curiosité quant au parcours de cet artiste prestigieux sera récompensée par une interview qu’il m’accordera juste avant le concert du soir. (Voir interview en bas de page)
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Le set de Loïc sur scène est composé de deux batteries en une. Il me confie que cette idée lui vient du batteur Steve Jordan. L’intérêt, c’est de pouvoir proposer deux types de sons différents. Une partie du set sonnera pop anglaise avec un accordage de peaux plus relâchées, et l’autre lui servira à accompagner la partie du répertoire aux sons Hip Hop avec des peaux plus tendues.
Le concert débutera à 21h30. Un parcours dans le temps fera resurgir des airs qui suscitent le souvenir. Un medley des plus belles chansons de Patrick sera ponctué de ses nouvelles compositions.
Je retiendrai la belle association et la sensibilité musicale du piano et du violoncelle ainsi que l’engagement de ses paroles dans le morceau « Les larmes de leurs pères ».
Interview avec Loïc Pontieux:

FH: Quelles sont les demandes les plus fréquentes que te soumettent les artistes que tu accompagnes?
LP: Ils me demandent peu de choses car je suis à leur écoute. Je trouve des solutions sonores qui s’adaptent à leurs répertoires. Pour Patrick Bruel, j’ai fusionné deux batteries en une. C’est une idée qui m’est venue en voyant Steve Jordan procéder de la sorte. Une partie est réglée tendue pour le côté Hip-Hop et l’autre partie possède un son plus étouffé et détendu pour obtenir un style Pop anglais que désirait l’artiste. J’aime créer une grande amplitude entre ma cymbales Ride Master Collection Paiste qui est très dark et le charley de 16″ qui l’est également, avec le son tendu de ma grosse caisse et de ma caisse claire. Sur l’autre partie de mon set, j’utilise également une Ride Master Collection de 22″ mais moins dark, avec des fréquences magnifiques et très fines qui me permettent de jouer des styles polyvalents.

FH: Tu as composé des morceaux pour des artistes tels que Didier Lockwood et Claude Nougaro. Comment procèdes-tu?
LP: Je compose au piano. J’ai 7 années de pratique classique et 1 année de Jazz. J’écris également des musiques pour des émissions documentaires tel que « Des racines et des ailes ». Je dois t’avouer qu’en dehors des 300 jours de l’année pendant lesquels je joue de la batterie, j’aime changer d’instrument…

FH: Quels sont tes critères de choix dans cette large gamme de cymbales Paiste?
LP: Ce qui m’importe, c’est de trouver les bonnes fréquences qui vont avec les bons morceaux. Quand je rentre en studio, je prends un maximum de cymbales avec moi pour affiner mes choix. Mon grand plaisir est de jouer sur mes « Ride Traditional » ou mes « Master Collection » Paiste, car elles ont un superbe côté « drive » et une grande qualité de finesse de son. J’utilise souvent ma 24″ Master Collection John Robinson. Elle a une cloche magnifique. En réalité, j’ai soit besoin d’un son un peu crade soit d’un son plus brillant selon ce que je joue. Pour le Funk par exemple, je joue avec des cymbales Ride dont la cloche est plus brillante. Je possède un prototype d’une Dark Energy qui va dans ce sens.

FH: Aurais-tu une astuce de batteur à offrir à nos lecteurs?
LP: Presque toutes mes caisses claires sont matées par du Gaffer (ruban adhésif).
Pour éliminer les mauvaises fréquences, il ne suffit pas de poser le ruban uniquement sur la peau, mais de le faire déborder sur le cerclage.
Il m’arrive aussi, pour obtenir un son de cymbales rivetées, de fixer une pièce de monnaie sur la cymbale avec du ruban adhésif.

FH: Un grand merci Loïc, pour le temps que tu m’as offert!

Frank Haesevoets
Photos ©2013 – Frank Haesevoets