Pouvoir profiter d’une proximité aussi intime avec André Ceccarelli, qui se prête aux questions réponses du public présent, offrant avec générosité des conseils pertinents de sa carrière de grand maître, aura été un privilège pour cet auditoire averti. Sans artifice, André nous a offert, au travers de sa touche, du chant de ses toms et de ses cymbales Paiste Masters et Signature, un moment d’acoustique rythmique pure…
Derek Roddy, dans un registre bien différent, aura su réunir les adeptes de la batterie extrême, venus nombreux. Pionnier de sa génération dans le développement du « Blast Beat », ce californien nommé « Mister One Take » nous a fourni une prestation digne de sa réputation.
En coulisse, il m’offre de son temps pour cette interview :
Frank Haesevoets : On te surnomme « Mister One Take » pour ta capacité à enregistrer d’une traite tes parties rythmiques en studio. Est-ce une histoire de don ou de travail acharné ?
Derek Roddy : La plupart des musiques que j’enregistre sont mes propres compositions. Je les connais donc déjà de A à Z. Je suis aussi de la génération qui enregistrait sur bande en studio. Nous devions connaître nos parties sur le bout des doigts. Aujourd’hui avec des outils comme Pro tools, cette approche a bien changé. J’organise encore toujours les parties d’un morceau qui se succèdent comme un itinéraire. Quand je travaille avec mon guitariste, nous avons un schéma posé par terre que nous suivons et développons.
de ma peau est plus adaptée
à mon jeu de grosse caisse
rapide ! »
FH. : Tu joues sur une grosse caisse DW (VLX) de 20″x 15″. Pourquoi ce choix ?
DR. : Je ne suis pas grand et sa hauteur réduite me permet de positionner mes toms à plat tout en étant très accessibles. Une grosse caisse de 20″ sera capable de sonner comme une 18″ ou comme une 22″. Cela n’est pas possible avec une 22″, même si son coffre me manque parfois dans de grandes salles en live. Avec ma 20″, la nervosité de ma peau est plus adaptée à mon jeu de grosse caisse rapide ! Sa profondeur de 15″ me donne une réponse bien plus rapide que sur des modèles profonds. Ca pète comme une grosse caisse de marching ! L’assemblage des plis de bois de ce modèle est du VLX. Il m’apporte plus de basses mais pas trop, comme me le conseillait John Good : « Avec trop de basses, tu n’auras plus le reste… »
FH. : Tu as été reconnu comme l’un des pionniers du Blast Beat…
DR. : Il y a 20 ans, seule une quinzaine de groupes pratiquait une approche rapide du
FH. : Partages-nous un de tes petits trucs de batteur.
DR. : Je mets du « Moon Gel » sur mes cymbales ! (Petite sourdine autocollante en silicone, utilisée pour atténuer les fréquences d’une peau de batterie). Cela diminue le « wash » de ma cymbale Medium/Ride qui a une grande cloche, tout en gardant de l’expression. La plupart des batteurs de métal choisissent une Ride qui ne possède que du « Ping » pour éviter qu’elle ne s’emballe sur des rythmes rapides. Pour moi, cela ne sonne pas, c’est comme une cymbale morte. Avec ce petit truc, tu gardes un son contrôlé, tu récupères de l’articulation et un peu de vie sonore…