Eloy Casagrande, artiste Paiste, ou l’hallucinante puissance rythmique de Sepultura!
En tournée en Europe, Sepultura écume les routes de France en ce début d’été, de Mulhouse hier, à Toulon aujourd’hui, pour repartir demain à Clisson au Hellfest! Vous avez dit Rock & Roll?


 
C’est dans leur tour-bus géant que mon entrevue avec ce batteur acharné commence, une paire d’heures avant le concert (voir interview ci-dessous).
Pendant ce temps, dans les loges, les autres musiciens du groupe cherchent à récupérer des forces. Des moments visiblement précieux pour chacun d’eux, nomades et guerriers insatiables, dévoués à l’histoire de ce groupe d’origine Brésilienne.
Le concert se déroule comme je le prévoyais, puissant à tous les niveaux et engagé, quel que soit l’enjeu.
Eloy, hallucinant de puissance, interprète, malgré cette attaque au travers de son jeu, un groove et une précision de frappe que je n’avais encore jamais entendus chez un batteur jusque là…
Sa batterie est armée de cymbales Paiste Rude, Rude, Rude, Rude… Rude comme son jeu!

 
INTERVIEW
FH: Existe-t’il une connexion entre tes origines brésiliennes et sa culture du rythme et ton jeu?
EC:
Oui bien sûr, il existe des milliers de rythmes dans ce grand pays. Chaque région a sa propre approche. Mon premier professeur de batterie m’a appris le jeu brésilien. Tout ce que tu apprends, tu le ramènes à toi et cela te construit. J’ai pu, dans notre dernier album, intégrer une partie de ces connaissances latines. C’est une manière d’affûter ta personnalité de jeu, cela vient naturellement. La Samba, le Maracatu, la Frevo et la Bossa Nova font partie de notre vie!

 
FH: A 13 ans, tu gagnes le concours du Batuka International Drummer Fest et deux ans après le Modern Drummer’s contest. Comment t’es tu préparé à ces concours?
EC:
Dès l’âge de 10 ans, je voulais être batteur. J’ai beaucoup travaillé, jusqu’à 5 heures par jour. Pour le Modern Drummer’ Contest, j’avais acheté un magazine qui expliquait les règles du concours. 5 minutes de vidéo… J’ai composé mon solo en utilisant pas mal d’éléments de percussions brésiliennes. J’ai été le premier batteur Sud-américain à gagner ce contest.

FH: Tu es très puissant et à la fois précis dans toutes tes frappes. Comment arrives-tu à combiner ces deux approches?
EC:
La préparation au jeu est importante. 2 semaines avant de partir en tournée, je m’exerce à la maison pour être aussi puissant qu’en concert. Chaque jour, je m’échauffe 1 heure avant de jouer. Souvent, avec des baguettes bien plus lourdes que celles utilisées en concert. Je ne me prépare jamais sur un pad, mais sur des serviettes ou sur un canapé. Cela m’oblige à lever mes baguettes sans cesse. Cette approche permet de développer ma technique et ma musculation. Pour dire vrai, jouer fort fait partie de moi, c’est mon kiff, j’adore ça.

 
FH: Partage-nous ton astuce de batteur…
EC:
Je suis en effet un batteur qui cogne fort et mes membres en souffrent. Quand mon index fatigue ou quand je me blesse comme sur la tournée passée, je positionne ma baguette entre l’index et le majeur quand je joue. Cela me soulage pendant quelques morceaux. Cette technique de frappe est bien pratique et se gère assez bien…

 


 

“ Tout ce que tu apprends,
tu le ramènes à toi
et cela te construit. ”

 
FH: Ton actualité…
EC:
Nous retournons mi juillet au Brésil. Ensuite nous partons pour la Chine. Nous rentrerons au pays pour quelques concerts et dès septembre nous entamerons des festivals aux USA (New York et Las Vegas). Pour finir une visite du groupe en Australie et en Afrique…

Photos & Texte – Frank Haesevoets ©2014