Stéphane Hourteillan, un artiste batteur Paiste derrière les caméras de Patrick Sébastien.
Ma rencontre avec Stéphane sera une occasion rare de pouvoir rencontrer un batteur expérimenté de la télévision, au sein des mythiques Studio de la S.F.P. à Bry sur Marne. L’opportunité m’est offerte ce jour-là d’assister aux mises en place d’artistes tels que Francis Lalanne, Anastacia, Procol Harum et son tube planétaire « A Whiter Shade of Pale » interprété par l’illustre orchestre René Coll pour l’émission « Les années Bonheur ». Chargée de mille questions, notre interview pouvait commencer.
Interview :
 

FH : Quelle est l’occasion qui t’a permis de te produire en télévision et quelles sont vos méthodes de travail sur le plateau ?
SH : J’ai joué plus de 18 ans avec l’orchestre René Coll en accompagnateur de nombreux artistes. Patrick Sébastien fût l’un de ceux-ci. C’est tout naturellement par ce biais, que l’appel des plateaux télé s’est produit pour moi. Pour ce qui est de l’organisation musicale sur ce genre d’émission, on relève toutes les bases de la matière musicale une semaine avant, en fonction de la liste des artistes programmés. Des arrangements particuliers se feront côté section cuivres. Je relève
GEWA-Stéphane Hourteillan
personnellement mes parties batterie, en m’immisçant au plus proche de la chanson. Techniquement, une émission se travaille sur 2 journées. La première servira à la préparation pour les artistes de 2 à 3 lectures de leur chanson pour une bonne mise en place. Le lendemain, c’est la « filée », la répétition générale, avec des prises caméras principalement concentrées sur les musiciens. Le soir, le public s’installe et on refait une seconde fois l’émission. On dit que le tournage est « ampexé », concentré cette fois sur l’artiste en live.
 

FH : Pourquoi avoir choisi les cymbales Paiste pour t’accompagner ?
SH : Cela fait plus de 25 ans que je joue la marque. Je viens au départ d’un monde où nous faisions nos propres compositions de tendance rock. Le groupe « Je » fait partie de ce parcours, mené par mon partenaire de route Romain Humeau (groupe « Eiffel »).
GEWA-Stéphane Hourteillan
Mes sources viennent de là, et Stewart Copeland est une référence parmi d’autres qui incarne le son Paiste qui traverse le temps. J’ai également fait du cirque et de la musique classique avec l’orchestre du Capitole, pour ensuite suivre l’orchestre René Coll. Le choix de cymbales plus polyvalentes devenait évident. Je joue un Charley Twenty Custom Metal Heads de 15″, que mes ingénieurs du

son apprécient énormément car il est précis, moelleux, et parce qu’il ne nécessite aucun réglage particulier. J’ai une Ride Twenty Master Collection de 20″, ma préférée, une Twenty Master Dark Crisp Ride de 22″ et une Signature Crash de 16″ Dark Energy. Ce sont de vraies cymbales qui peuvent s’user avec le temps, sans se vider. De la grande classe !
 

FH : Parle-nous de ton actualité.
SH : En dehors des plateaux télé, j’accompagne en tournée Patrick Sébastien. Je mène également, en tant que chanteur et guitariste, mon projet de groupe « Stéphane HOurteillan GRroupe ». C’est de la chanson française orientée rock. L’auteur est un ami proche et j’en suis le compositeur. La sortie d’un disque est prévue pour novembre 2014, au travers d’un financement participatif en cours de réalisation avec Kiss Kiss Bank Bank. L’album sera enregistré « live » sur une dizaine de jours avec les énergies locales du côté de Auch.
GEWA-Stéphane Hourteillan
FH : Tes petits trucs de batteur… ?
SO : L’échauffement est primordial ! C’est une technique que j’ai reprise à Jojo Mayer… Joignez vos mains comme pour prier. Ecartez et refermez l’ensemble de vos doigts, comme pour applaudir, tout en gardant les paumes collées, en procédant à 800 va-et-vient rapides. Evitez tout exercice de torsion.

“ Quand on joue comme moi
plus de 4 heures d’affilée,
on n’a pas vraiment le choix,
il faut écouter son corps… ”

Il y a 10 ans, j’ai subi un grave accident à l’épaule. Cet évènement m’a obligé à me repositionner face à mon set et m’a aidé à fluidifier et à faciliter mon jeu. La caisse claire bien en face, le charley juste à côté, les bras le long du corps, j’accède à tous les éléments de ma batterie sans tordre le buste. J’ai donc rentré plus ma cymbale Ride de la droite vers le centre. Quand on joue comme moi plus de 4 heures d’affilée, on n’a pas vraiment le choix, il faut écouter son corps…

Texte – Frank Haesevoets
Photos ©2014 – Laurent Decavele